30/12/2009Allez hop! A Rome!Je vous raconterai.
En attendant, je vous souhaite de bien belles fêtes de fin d'année! 18/12/2009Interlude gourmand.Faites revenir vivement dans une cocotte vos blancs de poireaux que vous avez préalablement émincés, mais surtout sans les faire brunir. Après qu’ils ont ainsi étuvé environ cinq minutes, versez dans la préparation votre riz à risotto (de l’Arborio, bien sûr) et faites rissoler le tout à feu très vif jusqu’à ce que le riz devienne translucide. Quand c’est le cas, noyez-le (généreusement !) d’un délicieux Sancerre et attendez que le riz ait tout absorbé. Baissez alors votre feu et commencez de mouiller le riz et les poireaux du bouillon salé que vous aviez préparé (car vous êtes bien évidemment très organisé) et que vous aviez réservé. Pour ma part, je vous recommande de l’agrémenter de thym, de laurier, voire d’un peu de tilleul (c’est très subtil et cela surprend toujours agréablement vos invités). Il ne vous reste plus qu’à surveiller votre mixture tout en rêvassant devant la fenêtrequi ouvre sur la cour enneigée, mais surtout n'omettez pas de tourner énergiquement la préparation, pour éviter qu’elle n’accroche au fond de la cocotte et pensez à rajouter régulièrement du bouillon de façon à ce que le riz soit toujours à l'endroit de cette si fragile frontière entre l’état liquide et l’état solide… Enfin, quand votre risotto vous semble avoir atteint la quasi perfection, retirez-le du feu, ajoutez-lui quelques cuillères de crème fraîche, du parmesan (du vrai !) râpé, du persil frais et de la coriandre en poudre (si bien sûr - mais personne n’en doute - vous avez pensé, quelques mois auparavant, à en faire sécher quelques bouquets et que vous avez eu le courage de les piler). Disposez alors votre risotto de façon agréable (laissez-donc parler votre imagination) et servez-le (en compagnie, par exemple, des délicats morceaux de saumon qui n'attendaient que vous, que vous avez cuit au four et agrémenté de pommes fruits, de jus de citron et de basilic) avec le Sancerre qui vous a servi pour la préparation. Evidemment, vous aviez prévu plusieurs bouteilles… Et hop. 11/12/2009Errance israëlienne. 1 -
Il y a quelque chose de violent dans les voyages en avion.
Vous changez d'espace en si peu de temps. Vous avez à peine éteint l'ordinateur de votre bureau, vous avez traîné vos sacs dans les couloirs immenses du métro, vous avez regardé les murs tristes, mouillés, les rails se croisant et se frôlant à l'infini, les grilles et les barres d'immeubles tout le long du trajet en RER jusqu'à l'aéroport, vous avez répondu, un peu las, aux milles questions que les agents de sécurité vous ont ânonnées une heure durant, vous avez souri aux douaniers et vous avez beau rentrer dans l'avion, qui se trouve au bout de ce drôle de tunnel aérien, vous ne vous rendez pas vraiment compte que vous quittez un Paris gris et froid, aperçu encore une fois.
Et puis une fois installé dans votre fauteuil, ceinturé, vous tentez bien de vous préparer à ce qui va vous arriver, mais c'est difficile car vous vous trouvez en fait dans une sorte d'entre deux. Où êtes-vous, au fond? Les voyageurs aux grands chapeaux noirs et papillotes semblent bien vous donner un indice de l'endroit où vous allez, mais cela ne suffit pas. L'avion décolle et vous vous dites: comment cela tient-il, tout cela? Puis ce sont les nuages, ces sortes de masses incohérentes et que vous semblez continuer de regarder de votre regard de terrien alors que vous n'êtes plus vraiment un terrien. Vous apercevez soudain, dans une trouée, les montagnes autrichiennes, enneigées. C'est joli, mais est-ce là où vous vous trouvez? Non, elles sont déjà loin. Et votre corps se souvient du froid de Paris où vous étiez encore deux heures avant.
Et lorsque l'avion atterrit, que vous entendez les applaudissements et qu'il vous semble entendre soudain cette langue que vous ne connaissez pas, comme si les gens ne l'avaient pas parlée avant, vous vous demandez si vous sortez d'un long sommeil alors que tout vous dit que non, vous vous rappelez, vous avez mangé, vous vous êtes levé, vous avez lu. Et pourtant. Vous êtes, soudain, ailleurs.
Alors, tout vous paraît, dans le déroulement des choses, étrange. Vous êtes ici, dans cet autre qu'il va falloir découvrir, arpenter, goûter, mais quelque chose de vous n'y est pas encore, vous le savez bien. Quelque chose de vous est encore en voyage. La tête, peut-être. Parce que le coeur, lui, est bien là, il bat très fort quand, après avoir affronté le regard mauvais de la douanière qui vous pose encore les mêmes questions et qu'il faut encore se justifier, vous apercevez au bout du long couloir la silhouette amie de Denis qui vous attend, qui vous embrasse, qui vous parle et qui vous emporte.
Vous vous retrouvez à regarder par la vitre du taxi les premières images de cette ville étrangère, à tenter de percer une sorte de secret, de mystère, avec en vous un mélange de grande joie et de grande fatigue, et la certitude que ce moment est peut-être aussi l'un des plus beaux qui vous sera donné : découvrir une ville, un lieu, toucher l'inconnu, ce qui n'est pas soi et se dire que cela va être, bientôt, pour soi. Quoi de plus beau?
Alors, quand vous débarquez du taxi, les rues gorgées de vie de Tel Aviv vous semblent d'une telle douceur... Vous regardez les longues lianes des ficus qui se frottent les uns aux autres. Carine est déjà là, aussi. Vous vous sentez bien, et comme chaque fois que vous vous sentez bien, vous n'avez envie que de sourire et pleurer. Alors, vous dites que vous êtes un peu fatigué. Et plus tard, encore, la mer, l'autre côté de la mer... Mais toujours, persiste ce sentiment inexpliquable que quelque chose de vous a encore besoin d'un peu de temps pour parvenir ici.
Et ce ne sera qu'au coeur de la nuit, une fois couché, n'arrivant pas à dormir et scrutant le jeu des lumières pâles derrière les jalousies, que j'aurai enfin ce sentiment sublime d'être doucement rejoint par cette autre partie de moi, à laquelle j'étais resté attaché par un invisible fil distendu, et que je pourrai me dire, heureux : allons, commençons ce voyage...
04/12/2009Clin d'oeil.
Me voici de retour d'Israël, de ce court voyage de dix petits jours dans ce si petit pays mais où il me semble avoir pourtant traversé le temps, l'espace et les hommes.
Alors, avant de tenter d'en raconter ici, par quelques bribes, les impressions, je mets sur ce journal le souvenir d'une belle journée vagabonde cet été à Paris. En effet, c'est peut-être ça, la magie d'un regard appuyé: même en errant juste à côté de notre quotidien, il nous permet de voir au plus loin.
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